filial love https://www.ouvroir.fr/strathese/index.php?id=364 Entrées d’index fr 0 Du social à l’intime. Répertoire des émotions et régimes d’émotivité dans la relation père‑fils, d’après les archives de la famille de Dietrich (1746‑1806) https://www.ouvroir.fr/strathese/index.php?id=346 Historiens, historiens de l’art, sociologues et psychologues ont montré que les émotions sont un terrain d’étude légitime en sciences humaines et sociales, et que le 18e siècle correspond dans le monde occidental à une période de changement de régime d’émotivité, dans une société moins violente et qui favorise l’éclosion de l’intimité. L’historicisation des émotions ne présente ni plus ni moins de pièges méthodologiques qu’un autre objet d’histoire. Les archives confirment‑t‑elles ces évolutions intuitivement placées au 18e siècle ? L’étude d’un corpus familial, reliant pères et fils d’un même lignage, entre 1746 et 1806, montre qu’il existe bien des différences générationnelles, les sentiments évoqués en fin de siècle étant plus directs et plus spontanés, mais que le glissement du cadre social à l’intime du ressenti et de l’expression des émotions n’est ni total, ni irréversible, et dépend des circonstances. Tout au long du siècle, les colères de Jean III de Dietrich, seigneur de Reichshoffen et comte du Ban de la Roche (1719‑1795) à l’encontre de ses fils, tout comme les tourments que Philippe Frédéric de Dietrich (1748‑1793) fait endurer à sa famille au moment de la Révolution française, relèvent d’une économie en couples d’émotions : l’émotion et le remords de l’avoir causée à ceux qu’on aime. Les émotions apparaissent donc de manière essentiellement négative mais les archives révèlent également, en creux, que la famille devient au 18e siècle le lieu naturel d’un bonheur attendu. Historians, art scholars as well as psychologists have demonstrated that emotions constitute a legitimate field of research in social sciences. In the western world, the 18th Century marked an important shift in the emotive system where, thanks to a less violent society, intimacy was allowed to blossom. However, like any other historical field, the study of emotions also poses its challenges. In this paper, changes in emotive expressions, intuitively placed by many within the 18th Century, is supported by archival evidence. The study of the correspondence between fathers and sons of the same lineage between 1746 and 1806 demonstrates that there is indeed a generational gap, feelings being more direct and spontaneous at the end of the century. If the beginning of the 1740s and 1750s sees the outward expression of emotions as necessary, the last decades of the Century witness instead a desire to conceal emotions from society, keeping them behind closed doors. However, this change is neither all‑encompassing nor irreversible, and depends largely on the context. Throughout the century, the wrath of John III de Dietrich Lord of Reichshoffen and Count du Ban de la Roche (1719‑1795),, towards his sons, or the torments Philip Frederic of Dietrich (1748‑1793) caused to his family during the French Revolution, show coupled emotions: firstly, a deluge of emotion and secondly, the remorse of having unleashed it onto loved ones. A study of de Dietrich archives, which mostly present pain and suffering, also demonstrates the rise of the family as a natural place for happiness during the 18th Century. mar., 09 nov. 2021 14:52:58 +0100 jeu., 09 nov. 2023 11:39:59 +0100 https://www.ouvroir.fr/strathese/index.php?id=346