Aveu et résistance https://www.ouvroir.fr/strathese/index.php?id=230 L’aveu – adressé à un prêtre, à un psychologue ou à la personne que nous aimons – est l’objet central de cette relecture de Foucault dans la perspective d’une œuvre fondée sur la résistance. Au lieu de comprendre en un sens fataliste que nous sommes condamnés à être des « bêtes d’aveu », nous montrons que l’aveu, s’il suppose toujours la soumission à un certain pouvoir, est inséparablement l’occasion du surgissement d’un contre-pouvoir. Trois temps scandent cette étude : d’abord, l’importance de l’aveu dans l’histoire de la subjectivité occidentale, en suivant ses filiations généalogiques depuis la Grèce antique. Depuis l’aveu coupable d’Œdipe, notre subjectivité passe par le filtre sévère de l’aveu. Ensuite, une analyse de l’aveu, plus logique qu’historique, avec quatre concepts : le sujet, le pouvoir, le discours et la vérité. L’aveu est important chez Foucault car il tisse subtilement le discours de vérité, les relations de pouvoir et le sujet au statut complexe. Enfin, quelques pistes dégagent le sens des résistances possibles à l’aveu, dans le prolongement ou non des écrits de Foucault, mettant en lumière le caractère stratégique et non fataliste de l’aveu : la forme par laquelle je deviens un sujet m’incline fortement à la sujétion mais, indissociablement, elle me permet d’affirmer ma liberté dans un effort de subjectivation. Pourquoi et comment résister aux exigences protéiformes de l’aveu ? Confession – be it addressed to a priest, a psychologist or the person we love – is the main focus of this article, offering to reread Foucault’s work within the perspective of resistance. Moving away from the interpretation that we are fatally condemned to be “confession animals”, we show that confession is always both submission to authority and an opportunity for the emergence of a counter-power. We develop three arguments: first, the importance of confession in the history of Western subjectivity, since its genealogical affiliations in Ancient Greece. Since Oedipus’s confession of guilt, our subjectivity goes through the severe prism of confession. Secondly, a more logical than historical analysis of confession, with four key concepts: subject, power, discourse and truth. In the confession process, Foucault subtly interweaves truth-telling, power relations and the subject. Finally, we suggest ways of making sense of possible resistance to confession, following Foucault and other authors. We highlight the strategic and not fatalistic nature of confession: it transforms me into a subject and forces me to enslavement; however, it cannot be dissociated from an interplay in which my liberty asserts itself in an effort of subjectivation. Why and how to resist the multifaceted requirements of confession? Numéros en texte intégral Relire Michel Foucault fr mar., 09 nov. 2021 14:48:16 +0100 jeu., 09 nov. 2023 10:21:20 +0100 https://www.ouvroir.fr/strathese/index.php?id=230 0