Auteurs : Lionel Saporiti https://www.ouvroir.fr/strathese/index.php?id=202 Publications de Auteurs Lionel Saporiti fr 0 La lutte identitaire pour franchir et s’affranchir des frontières symboliques : la situation des « sans domiciles fixes » https://www.ouvroir.fr/strathese/index.php?id=201 Marcel Mauss définissait la vie sociale comme constituée de rapports symboliques où les hommes et les femmes d’une même société s’unissent autour de représentations collectives, de croyances ou encore de pratiques communes. Toutefois, qu’en est-il de ce symbolisme des rapports qui font le social lorsque ceux-ci sont empêchés par l’érection de frontières elles-mêmes symboliques, puisque séparant des individus pourtant issus du même territoire et pratiquant la même culture ? D’un point de vue épistémologique nous souhaitons ici aborder des situations sociales nées de l’élaboration d’un type de frontières bien spécifiques, puisque symboliques et mettant en jeu des personnes « sans domicile fixe » perçues comme « exclues » du système, ou encore pour reprendre cette rhétorique du territoire et des frontières, étrangères au social. Ce symbolisme des frontières nous l’entendrons comme un effet de distanciation se basant sur des schèmes de pensée traçant une ligne imaginaire entre des personnes occupant pourtant le même espace social mais séparés par des écarts différentiels de nature socio-économique, qui assignent l’individu à une place dans la hiérarchie sociale. Pour autant, ce phénomène d’« exclusion » résultant de ces frontières symboliques, est-il une fatalité pour les personnes « sans domicile fixe » le subissant quotidiennement ? Répondre à cette question paraît chose peu aisée si l’on considère la position du chercheur, décalée puisqu’à l’intérieur des frontières définissant la situation d’extériorité de l’« objet d’étude ». Pour ce faire il s’agira d’aller à la rencontre de ces personnes dans la rue, afin de recueillir par le biais de récits de vie et d’observations, un certain nombre d’informations venant révéler la réflexivité mise en œuvre au service d’un remaniement identitaire permettant à ces personnes de survivre dans la rue, malgré tout. Marcel Mauss defined social life as a form of symbolic exchanges where people in the same society unite in collective representations, beliefs or common practices. However, what can we say about the symbolic means of defining social life when they are prevented by the institution of symbolic borders, when they outcast people living in the same territory and sharing the same culture? From an epistemological point of view we would like to discuss in this article the social situation arising from a specific type of borders, symbolic ones bringing into play the homeless, perceived as side-lined from the system or, using the territory and border rhetoric, foreigners to the community. The symbolism of borders will be taken as an effect of distanciation based on patterns of thought, drawing an imaginary line between people sharing the same territory, but yet separated by differential gaps of socioeconomic nature, justifying integration in society and assigning the individual to a place in the social hierarchy. But is the phenomenon of ‘exclusion’ resulting from these symbolic borders inevitable for the homeless? Answering this question seems uneasy if we consider the position of scientific research, unavoidably out-placed since inside the borders defining the situation of exteriority of the “object of study”. To do this, we have met the homeless in the street to collect stories and observations in order to inform the study of how they manage to survive in the street using reflexivity and identity strategies. lun., 08 nov. 2021 10:52:48 +0100 jeu., 09 nov. 2023 09:51:32 +0100 https://www.ouvroir.fr/strathese/index.php?id=201