The Gods in Exile https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=590 The study examines the references to Norse mythology in Charles Leconte de Lisle’s Poèmes barbares, with particular regard to two poems: La Légende des Nornes and La Vision de Snorr. Through a linguistic comparison with the original Norse sources (Poetic Edda, Snorri’s Edda, Skaldic Poetry), are highlighted the particular ways in which the author re-elaborates the mythical material. In Leconte de Lisle’s work, the myth becomes dramatic action, a representation of the everlasting struggle between light and darkness, that ends with the tragic contemplation of the ineluctable final conflagration. The ancient world of the Æsir and the Vanir, «quand les Skaldes chantaient sur la harpe des Nornes» (La Vision de Snorr, v.30), is doomed to destruction. There will not be a new cosmic cycle, as happens in the Völuspá (The Seeress’s Prophecy), the poem of the Poetic Edda which inspired the author in the composition of La Légende des Nornes, and the gloomy pessimism that permeates the poems of the Scandinavian cycle in Poèmes barbares is a significant element of affinity with another nineteenth-century reinterpretation of the Nordic myth, that of Richard Wagner in the Ring des Nibelungen. This pessimism constitutes the structural element that indissolubly binds La Légende des Nornes and La Vision de Snorr: both tell of the end of the ancient wisdom of myth, which in La Légende des Nornes is the effect of an immanent cosmic law, and in La Vision de Snorr is the consequence of the overbearing affirmation of the Christian faith. Witness to this end is Snorri Sturluson, Icelandic historian and mythographer, an author to whom we owe much of our knowledge about Norse mythology. Why did Leconte de Lisle choose Snorri as a witness to Hel’s cruel vision, the world of the dead in the pre-Christian myth, which in the interpretatio christiana became the hell of the damned souls? In the answer to this question there is perhaps the most important interpretative key of the poems of the Scandinavian cycle included in Poèmes barbares. L’étude examine les références à la mythologie nordique dans les Poèmes barbares de Charles Leconte de Lisle, avec un regard particulier sur deux poèmes : La Légende des Nornes et La Vision de Snorr. À travers une comparaison linguistique avec les sources nordiques originales (Edda poétique, Edda de Snorri, poésie scaldique), sont mises en évidence les manières spécifiques dont l’auteur réélabore le matériau mythique. Chez Leconte de Lisle, le mythe devient action dramatique, représentation de l’éternelle lutte entre la lumière et les ténèbres, qui se termine par la contemplation tragique de l’inéluctable embrasement final. Le monde antique des Ases et des Vanes, «quand les Skaldes chantaient sur la harpe des Nornes» (La Vision de Snorr, v.30), est voué à la destruction. Il n’y aura pas un nouveau cycle cosmique, comme dans la Völuspá (La prédiction de la voyante), le poème de l’Edda poétique qui a inspiré l’auteur dans la composition de La Légende des Nornes, et le pessimisme sombre qui caractérise les poèmes du cycle scandinave dans les Poèmes barbares est un élément significatif d’affinité avec une autre réinterprétation du mythe nordique, celle de Richard Wagner dans le Ring des Nibelungen. Ce pessimisme est l’élément structurel qui lie indissolublement La Légende des Nornes et La Vision de Snorr : les deux décrivent la fin de la sagesse antique du mythe, qui dans La Légende des Nornes est l’effet d’une loi cosmique immanente, et dans La Vision de Snorr est la conséquence de l’affirmation autoritaire de la foi chrétienne. Témoin de cette fin est Snorri Sturluson, historien et mythographe islandais, auteur à qui nous devons une grande partie de notre connaissance de la mythologie nordique. Pourquoi Leconte de Lisle a-t-il choisi Snorri comme témoin de la vision cruelle de Hel, le monde des morts dans la mythologie nordique, devenu l’enfer des damnés selon l’interprétation chrétienne ? Dans la réponse à cette question se trouve, peut-être, la clé interprétative la plus importante des poèmes du cycle scandinave inclus dans les Poèmes barbares. Numéros en texte intégral La réception des mythes nordiques en France La réception des mythes nordiques en France fr lun., 29 sept. 2025 16:13:37 +0200 mer., 03 déc. 2025 11:11:05 +0100 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=590 0