La réception des mythes nordiques en France https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=565 À l’honneur dans ce numéro, la relation et les échanges culturels entre les pays nordiques et la France, à la découverte des mythèmes et des motifs médiévaux qui ont alimenté la fascination pour le Nord dans des domaines allant de la littérature à la musique, que ce soit l’opéra ou la musique metal. Le numéro est enrichi par des contributions originales invitant à l’exploration de l’œuvre du romancier néerlandais W.F. Hermans, de l’imaginaire Sámi ainsi que des motifs de la lumière et de la noirceur dans l’imaginaire du Nord. Numéros en texte intégral fr lun., 29 sept. 2025 15:22:06 +0200 jeu., 04 déc. 2025 09:51:56 +0100 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=565 0 Première de couverture https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=566 lun., 29 sept. 2025 15:22:40 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=566 The Reception of Norse Mythology in French https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=569 The article proposes an introduction to the reception of Nordic myths in France and in the French–speaking world since the Middle Ages. This heterogeneous and complex reception has been constructed, depending on the milieu, period or region, in between fascination, rejection and exoticism. It testifies to an international histoire croisée and multiple discourses of belonging and otherness. Its ambiguous course, composed of tensions, ruptures, and discontinuities, distinguishes it from other reception histories and gives it a specificity that—apart from studies on Mallet—has often been neglected in international research. The terms attached to these mythological stories (Scandinavian/Nordic/Germanic/Northern/Viking) reflect different periods of reception as well as the evolution of their understanding. Based on the analysis of the frequency of use of these terms, we propose to outline the history of this reception by describing the following topics and stages: medieval narratives (chronicles, annals, histories); the role of Paris as the place where the Gesta danorum was printed; French intellectual circles in the modern period; the Enlightenment; the long academic and artistic 19th century; the First and Second World Wars; and finally, the 20th and early 21st centuries. While, under the cover of this historical journey, this study introduces the different milieus, the regional specificities, and the issues specific to the Francophone reception, its goal is above all to underline the role and the richness of this reception and to offer new avenues for research. L’article propose une introduction à la réception des mythes nordiques en France et dans le monde francophone depuis le Moyen-Âge. Cette réception hétérogène et complexe se construit, en fonction des milieux, périodes ou régions, entre fascination, rejet, et exotisme. Elle témoigne d’une histoire croisée internationale et de multiples discours d’appartenances et d’altérités. Son parcours ambigu composé de tensions, ruptures, discontinuités, la distingue des autres histoires de réception et lui apporte une spécificité qui – en dehors des études sur Mallet – a souvent été négligée dans la recherche internationale. Les termes attachés à ces récits mythologiques (scandinave/nordique/germanique/du Nord/Viking) reflètent différentes périodes de réception ainsi que l’évolution de leur compréhension. À partir de l’analyse de l’usage de ces termes, nous proposons de structurer l’histoire de cette réception à travers, notamment : les récits médiévaux (chroniques, annales, histoires) ; le rôle de Paris comme lieu d’impression de la Gesta danorum ; les cercles intellectuels français de l’époque moderne ; le siècle des Lumières ; le long xixe siècle académique et artistique ; la Première et la Seconde Guerre mondiale ; et enfin, le xxe siècle et le début du xxie siècle. Si sous couvert de ce parcours historique cette étude introduit les différents milieux, les spécificités régionales, et les enjeux propres à la réception francophone, son but est avant tout de souligner le rôle et la richesse de cette réception et d’offrir de nouvelles pistes de recherches. lun., 29 sept. 2025 15:26:51 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=569 Sigurd https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=579 En 1885, l’Opéra de Paris monte Sigurd, du compositeur Ernest Reyer (1823-1909), suite au succès obtenu à Bruxelles un an plus tôt. Reyer s’inspire des Eddas scandinaves et du Nibelungenlied, ce qui va susciter un émoi auprès du public et des critiques. Mettre en scène un mythe germanique sur le sol français après la défaite de 1870 dérange, d’autant plus que ce mythe avait déjà été utilisé par Richard Wagner. Cet article s’intéresse à la polémique crée par cette œuvre et analyse un dossier de presse constitué des comptes-rendus des premières de 1884 et 1885. Les critiques s’intéressent à la musique et la question du mythe nordique occupe une place périphérique dans les articles. Il est la plupart du temps utilisé comme prétexte pour propager un discours antigermanique ou pour donner son avis sur la musique et les théories de Wagner. Le mythe nordique à l’Opéra est perçu comme un défi à l’identité française, qui va nécessiter une certaine acclimatation pour pouvoir être apprécié. In 1885, the Opéra de Paris staged Sigurd, by French composer Ernest Reyer (1823-1909), following the successful performances in Brussels the previous year. Reyer drew his inspiration from Scandinavian Eddas and Nibelungenlied, which caused some turmoil in the audience and critics. It was unsettling to stage a Germanic myth in France only a few years after the defeat in 1870, all the more since this very myth had already been used by Richard Wagner. This paper deals with the controversy stirred up by this work as it can be seen through press reviews of the premières in Paris and Brussels. The critics were interested in music more than in Nordic myth, which occupies a secondary place in their papers. Most of the time, the myth was used as an excuse to display anti-German opinions or to give their mind on Wagner’s music and theories. This Nordic myth, when staged at the Opera, was somehow seen as a challenge to French identity and couldn’t be appreciated without adjustments. lun., 29 sept. 2025 15:37:52 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=579 The Gods in Exile https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=590 The study examines the references to Norse mythology in Charles Leconte de Lisle’s Poèmes barbares, with particular regard to two poems: La Légende des Nornes and La Vision de Snorr. Through a linguistic comparison with the original Norse sources (Poetic Edda, Snorri’s Edda, Skaldic Poetry), are highlighted the particular ways in which the author re-elaborates the mythical material. In Leconte de Lisle’s work, the myth becomes dramatic action, a representation of the everlasting struggle between light and darkness, that ends with the tragic contemplation of the ineluctable final conflagration. The ancient world of the Æsir and the Vanir, «quand les Skaldes chantaient sur la harpe des Nornes» (La Vision de Snorr, v.30), is doomed to destruction. There will not be a new cosmic cycle, as happens in the Völuspá (The Seeress’s Prophecy), the poem of the Poetic Edda which inspired the author in the composition of La Légende des Nornes, and the gloomy pessimism that permeates the poems of the Scandinavian cycle in Poèmes barbares is a significant element of affinity with another nineteenth-century reinterpretation of the Nordic myth, that of Richard Wagner in the Ring des Nibelungen. This pessimism constitutes the structural element that indissolubly binds La Légende des Nornes and La Vision de Snorr: both tell of the end of the ancient wisdom of myth, which in La Légende des Nornes is the effect of an immanent cosmic law, and in La Vision de Snorr is the consequence of the overbearing affirmation of the Christian faith. Witness to this end is Snorri Sturluson, Icelandic historian and mythographer, an author to whom we owe much of our knowledge about Norse mythology. Why did Leconte de Lisle choose Snorri as a witness to Hel’s cruel vision, the world of the dead in the pre-Christian myth, which in the interpretatio christiana became the hell of the damned souls? In the answer to this question there is perhaps the most important interpretative key of the poems of the Scandinavian cycle included in Poèmes barbares. L’étude examine les références à la mythologie nordique dans les Poèmes barbares de Charles Leconte de Lisle, avec un regard particulier sur deux poèmes : La Légende des Nornes et La Vision de Snorr. À travers une comparaison linguistique avec les sources nordiques originales (Edda poétique, Edda de Snorri, poésie scaldique), sont mises en évidence les manières spécifiques dont l’auteur réélabore le matériau mythique. Chez Leconte de Lisle, le mythe devient action dramatique, représentation de l’éternelle lutte entre la lumière et les ténèbres, qui se termine par la contemplation tragique de l’inéluctable embrasement final. Le monde antique des Ases et des Vanes, «quand les Skaldes chantaient sur la harpe des Nornes» (La Vision de Snorr, v.30), est voué à la destruction. Il n’y aura pas un nouveau cycle cosmique, comme dans la Völuspá (La prédiction de la voyante), le poème de l’Edda poétique qui a inspiré l’auteur dans la composition de La Légende des Nornes, et le pessimisme sombre qui caractérise les poèmes du cycle scandinave dans les Poèmes barbares est un élément significatif d’affinité avec une autre réinterprétation du mythe nordique, celle de Richard Wagner dans le Ring des Nibelungen. Ce pessimisme est l’élément structurel qui lie indissolublement La Légende des Nornes et La Vision de Snorr : les deux décrivent la fin de la sagesse antique du mythe, qui dans La Légende des Nornes est l’effet d’une loi cosmique immanente, et dans La Vision de Snorr est la conséquence de l’affirmation autoritaire de la foi chrétienne. Témoin de cette fin est Snorri Sturluson, historien et mythographe islandais, auteur à qui nous devons une grande partie de notre connaissance de la mythologie nordique. Pourquoi Leconte de Lisle a-t-il choisi Snorri comme témoin de la vision cruelle de Hel, le monde des morts dans la mythologie nordique, devenu l’enfer des damnés selon l’interprétation chrétienne ? Dans la réponse à cette question se trouve, peut-être, la clé interprétative la plus importante des poèmes du cycle scandinave inclus dans les Poèmes barbares. lun., 29 sept. 2025 16:13:37 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=590 French Editions and Translations of the Poetic Edda https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=597 This study presents all the translations and editions in French of the Poetic Edda, a collection of mythological and heroic poems, collected notably in the Codex Regius around 1275. The fifty-five references that make up this bibliography include translations and editions of individual poems and parts of the Edda. The bibliography covers the period from the eighteenth century—starting with the publication in 1756 of Monumens de la mythologie et de la poesie des celtes by Paul-Henri Mallet, which includes excerpts from the Völuspá, the Hávamál, and the Baldrs draumar—to the beginning of the twenty-first century. This study is based upon and extends the bibliographies by Halldór Hermannsson and Jóhann Sigurjónsson Hannesson and therefore follows their format and approach. In addition to the inclusion of references for the second half of the twentieth century and the beginning of the twenty-first century, thirty-one titles from the period before the second half of the twentieth century have been added. The list also introduces five manuscripts by Félix Gynement de Keralio, Louis Le Pontois and Arsène Thiébaut de Berneaud that have never been published and that had never been studied before. The study also testifies to the interest for the Northern Antiquities in the nineteenth century, during which more than thirty French translations of the Poetic Edda were published. Cette étude référence l’ensemble des traductions et éditions en langue française de l’Edda poétique, recueil de poésies mythologiques et héroïques, rassemblées notamment dans le Codex Regius vers 1275. Les cinquante-cinq références qui constituent cette bibliographie intègrent également les traductions et éditions de poèmes individuels ou d’une partie de cette œuvre. La bibliographie couvre la période allant du xviiie siècle – avec la publication en 1756 de Monumens de la mythologie et de la poesie des celtes par Paul-Henri Mallet, qui comprend des extraits de la Völuspá, du Hávamál, et des Baldrs draumar – au début du xxie siècle. Cette étude se place dans la continuité des bibliographies de Halldór Hermannsson et de Jóhann Sigurjónsson Hannesson dont elle reprend la forme et l’approche. En plus de l’ajout des références pour la seconde moitié du xxe et pour le début du xxie siècle, le travail de recherche a permis de compléter les informations de ces deux ouvrages avec l’ajout de trente et un titres. La liste introduit également cinq manuscrits de Félix Gynement de Keralio, de Louis Le Pontois et d’Arsène Thiébaut de Berneaud jamais publiés, et qui n’ont, à ce jour, fait l’objet d’aucune étude. L’étude témoigne également de l’intérêt porté au xixe siècle pour les antiquités du Nord où plus d’une trentaine de traductions en langue française de l’Edda poétique ont vu le jour. lun., 29 sept. 2025 16:44:56 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=597 Winter is Medieval https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=609 Cet article dresse le bilan de trois années de réflexions menées entre janvier 2015 et juin 2017 dans le cadre d’un séminaire organisé conjointement par des enseignants-chercheurs des universités du Littoral Côte d’Opale, de Lille et de Bruxelles autour des Représentations modernes et contemporaines des Nords médiévaux. Inscrit dans le champ théorique des médiévalismes – c’est-à-dire des modalités de la représentation, de la réinvention, de l’utilisation voire de l’instrumentalisation du Moyen Âge dans les cultures postmédiévales – cette synthèse présente les apports de neuf rencontres ayant réuni un éventail large de spécialistes tant dans le domaine historique et littéraire que dans celui des sciences de la communication, des cultures visuelles, des sciences politiques, des langues et civilisations étrangères et de la sociologie. Après avoir mis en évidence la ductilité de la notion de « Nord » dans l’historiographie et la culture européennes, elle montre la grande variété des processus liant, dans l’imaginaire des époques moderne et contemporaine, médiévalisme et nordicité(s), déchiffrant ces interactions au prisme d’une distinction dont elle pointe aussi parfois le caractère insatisfaisant, entre histoire, mémoire et usages. Après une longue analyse de la diversité des modes d’appropriation historique, artistique et politique des Nords, elle s’élargit à une série de réflexions resituant la problématique dans le champ plus large des études relatives à l’imaginaire septentrional menées à l’université de Lille dans le cadre de la plate-forme RIM-Nor sur les notions de nordicité, de septentrionalité, de boréalisme et de nordicisme. Ayant montré la résistance du médiévalisme septentrional à entrer dans certaines de ces catégories ou à s’y laisser isoler, l’article se conclut sur une réflexion sur ce que sa « médiévalisation » apporte à l’image d’un « Nord idéal ». This paper offers a review of three years of discussions conducted between January 2015 and June 2017 in a seminar organised jointly by teachers of the universities of Littoral Côte d’Opale, Lille and Brussels, on the topic of Early Modern and Modern Representations of the Medieval Norths. The present synthesis is a study in medievalism – that is the study of the representations, reinventions, uses and even instrumentalization of the Middle Ages in post-medieval cultures. It presents the results of nine sessions which brought together a wide range of scholars in the fields of history and literature, along with studies in communication, visual cultures, politics, foreign languages and civilisations, and sociology. After having shown how pliable the notion of ‘North’ has been in European historiography and culture, our synthesis highlights the varied processes through which medievality and the idea of North have been linked in the imaginations of the early modern and modern periods, deciphering their interactions through the lens of a threefold (albeit sometimes unsatisfactory) distinction between history, memory and usage. After an extended analysis of various modes of historical, artistic and political appropriation, it opens up to wider considerations that aim to situate the issues we raise within the field of ‘Northern studies’, as they are conducted at the university of Lille and around the RIM-Nor platform, encompassing notions of nordicité, septentrionalité, boréalisme and nordicisme: but Northern medievalism often proves to be resistant to such categorisations. The paper ends with a reflection on how its ‘medievalisation’ contributes to the image of an ‘ideal North’. lun., 29 sept. 2025 17:24:15 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=609 Scaldes des temps modernes https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=620 Le métal viking réunit des formations véhiculant des représentations de la figure du viking et de la mythologie nordique. Certaines d’entre elles connaissent une réception et une médiatisation en France en partie grâce à la presse musicale spécialisée. À partir d’un corpus d’interviews publiées dans le magazine Metallian et d’entretiens réalisés avec des journalises, l’objectif de cet article est de montrer comment la mythologie nordique est mobilisée dans les interviews de la presse magazine musicale. Après avoir évoqué l’importance relative de la culture nordique dans la pratique du métier de journaliste, nous montrons comment ces références apparaissent durant l’interaction journaliste-musicien puis comment celles-ci sont mobilisées dans l’élaboration de la publication. Centrales dans les productions artistiques, les références culturelles mythologiques permettent aux artistes de véhiculer un discours anti-religieux, de valoriser un patrimoine culturel, d’évoquer de manière métaphorique le monde contemporain mais aussi de soutenir un discours promotionnel. Sous la plume des journalistes, celles-ci sont secondaires et l’évocation des dieux sert à construire la représentation médiatique des artistes. Viking Metal subgenre brings together bands inspired by Viking and Scandinavian mythology. They convey fantasized visions of the Nordic world through their lyrics and artworks. Some of these bands receive media coverage in France, in specialised magazines such as Metallian. Based on a corpus of published interviews and interviews with journalists conducted by the author, this paper aims to show how Scandinavian mythology is discussed in music press interviews. First, it finds that metal critics tend to have little actual knowledge of Scandinavian medieval history and Nordic culture. It then analyses how references to Scandinavian mythology appear during interactions between journalists and musicians. Artists draw on these references, central in their productions, to convey an anti-religion discourse, celebrate a cultural heritage, address our world in metaphorical ways, or support a promotional discourse. Eventually, it examines the purposes of such references when made by writers in their published pieces. While these references may be central to the artists, to journalists they are instrumental in the construction of media representations. mer., 01 oct. 2025 09:03:52 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=620 The Sámi people in the context of European perceptions of exotic cultures in the 17th and 18th centuries https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=630 In early modern Europe, a rich body of literature dealt with foreign peoples and their customs. Among them were the Sámi people of Northern Fennoscandia, who were often depicted as non-European in origin or characteristics. Simultaneously, they were romanticized, commodified or fetishized. Following the life of the self-proclaimed ‘prince of Lapland’ Nicolaus Örn, who began travelling across Europe in the early 18th century, this article explores representations of the Sámi people in the context of European perceptions of exotic cultures in the early modern period. It discusses exoticist practices in European thought. Several contemporary definitions of ‘exotic’ suggest that by the 18th century the term was already applicable to areas other than botany. Generally, the perception of the exotic and the foreign called for new taxonomies. This can be seen in scholarly accounts such as Johannes Schefferus’ Lapponia (1673) or Olaus Rudbeck’s Nora Samolad Sive Laponia Illustrata (1701) which scrutinize the affinity of the Sámi language with languages such as Tatar or Hebrew. In subsequent receptions of Lapponia, great emphasis was put on the perception of the Sámi as seeming to belong to the new world. Through a comparative approach, this article demonstrates how the early modern perception of the Sámi people connects to a wider frame of European perceptions of the exotic. This article is a revised version of the trial lecture I held on January 8th, 2021 at UiT The Arctic University of Norway in connection with the public defence of my doctoral dissertation Early Modern Knowledge about the Sámi: A History of Johannes Schefferus’ Lapponia (1673) and its Adaptations. A warm thank you to the members of the evaluation committee Lisbeth Pettersen Wærp, Ralph Tuchtenhagen and Håkan Rydving. Furthermore, I would like to thank two anonymous reviewers for their suggestions and comments. En Europe, à l’époque moderne, un riche corpus littéraire traite des peuples étrangers et de leurs coutumes. Parmi eux, les Samis du nord de la Fennoscandie étaient souvent dépeints comme non-européens en ce qui concerne leur origine ou leurs traits caractéristiques. Ils étaient alors idéalisés, marchandisés ou fétichisés. En suivant la vie de Nicolaus Örn, « prince de la Laponie » autoproclamé qui parcourut l’Europe au début du 18e siècle, cet article étudie les représentations des Samis dans le contexte des perceptions européennes des cultures exotiques à l’époque moderne. Il examine la présence de l’exotisme dans la pensée européenne. Plusieurs définitions de l’époque suggèrent qu’au 18e siècle le terme « exotique » était déjà en usage dans d’autres domaines que la botanique. Les écrits érudits comme Lapponia (1673) de Johannes Schefferus ou Nora Samolad Sive Laponia Illustrata (1701) d’Olaus Rudbeck examinent les affinités linguistiques des Samis avec des autres langues comme le tatar ou l’hébreu. Les réceptions ultérieures de Lapponia ont particulièrement mis l’accent sur l’idée que les Samis semblaient venir du Nouveau Monde. Par une approche comparative, l’article montre comment la perception moderne des Samis s’inscrit dans le cadre plus large de la perception européenne de l’exotique. mer., 01 oct. 2025 09:05:07 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=630 La noirceur, un signe de l’imaginaire du Nord https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=644 Dans cet article, l’auteur analyse la « noirceur » comme signe dans le contexte de l’imaginaire du Nord, tout en le situant dans le contexte historique de son émergence et de son évolution jusqu’aux emplois contemporains dans un contexte nordique (ici défini de manière large, d’un point de vue circumpolaire). Cette étude prend comme point de départ une méthodologie qui pose le « Nord » comme un espace complexe et pourtant souvent simplifié dans les représentations, composé de réalités physiques, culturelles et sémiologiques, lourdement défini et marqué par les discours extérieurs. L’analyse des tensions et effets du signe de la « noirceur » dans le cadre de l’imaginaire du Nord s’inscrit dans le cadre d’une recherche où l’on tente collectivement de répondre au défi de rendre le Nord « définitoire », même s’il s’agit d’en constater les emprunts à d’autres espaces culturels. La « noirceur » s’inscrit tant dans un système de signes que dans un rapport géographique de la réalité physique basé sur les observations de la luminosité, à la jonction de différents modes d’appréhension du réel. Elle renvoie à des traditions diverses dont l’accumulation des représentations, des discours et des œuvres a fini par la transformer en esthétique et en lieu commun. Enfin, cette noirceur forme avec la blancheur un couple d’opposition et de tension puissant. L’aire d’analyse de la présente étude se compose d’une sélection d’œuvres principalement littéraires, issues des cultures nordiques et d’œuvres qui se situent ou évoquent les mondes nordique et arctique, eux-mêmes délimités par les signes liés à la noirceur, à la lumière et aux phénomènes lumineux définis comme nordiques (aurores boréales, double soleil, etc.). Cette réflexion est ici menée par une volonté de définir les composantes et valeurs associées à la noirceur; de relever les lignes de force et de tension qui sous-tendent le couple sémiotique de la lumière et de la noirceur, qui se trouve au cœur de l’organisation de l’« imaginaire du Nord »; d’évaluer les effets littéraires, identitaires et psychologiques de la noirceur dans les discours; d’examiner l’esthétisation de la noirceur, principalement ici dans les discours et les œuvres littéraires, dans un contexte nordique; de tracer l’histoire de ce signe de la noirceur; enfin de concevoir la noirceur comme un renversement du Nord, qui permet de recomplexifier les représentations qui en sont issues. In this article, the author analyses “darkness” as a symbol in the context of the “imagined North”, while situating it in the historical context of its emergence and its evolution to contemporary applications in a Northern context (here broadly defined, from a circumpolar perspective). This study takes as a starting point a methodology which poses the “North” as a complex space, although often simplified in its representations, comprised of various physical, cultural, and semiotic realities and heavily labelled by external discourse. Analyzing the tensions and effects of the idea of “darkness” within the imagined North is part of a collective research effort to tackle the intellectual challenge of making the North “definable,” even if this involves observing its borrowings from other cultural realms. Darkness falls within a system of signs as well as a geographical relationship to the physical space based on observations of lighting, at the crossroads between different ways of perceiving reality. Darkness also relates to various traditions, whose combined portrayals, narratives, and artworks have turned it into an aesthetic and a trope. Lastly, darkness and light are locked in a powerful dynamic of tension and opposition. The area of analysis for this study thus covers a choice of works stemming from northern cultures and that are located in the Arctic world or evoke the northern realm. These works are themselves delineated by signs related to darkness, light and luminous phenomena defined as Nordic (northern lights, double sun, etc.). This analysis is guided by the intention of defining the components and values associated with darkness; identifying the salient issues and tensions underlying the semiotic couple of darkness and light, which lies at the heart of the structure of the “imagined North”; evaluating the literary, psychological effects of darkness in discourse, as well as those pertaining to identity; examining the aestheticizing of darkness in a northern context; historically mapping the sign of darkness; and finally, viewing darkness as a reversal of the North, which makes it possible to recomplexify its representations. mer., 01 oct. 2025 09:05:55 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=644 La déception photographique et la réalité insaisissable dans La chambre noire de Damoclès de Willem Frederik Hermans https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=653 Cet article examine la représentation de la photographie dans La chambre noire de Damoclès, roman de Willem Frederik Hermans paru en 1958. L’écrivain néerlandais emploie la photographie, un motif récurrent dans son œuvre, pour véhiculer un questionnement sur la nature insaisissable de la réalité. Plus précisément, il s’agit du phénomène de la « déception photographique » : la photographie déjoue les attentes du personnage principal Osewoudt et se révèle traître et dangereuse. À travers une analyse textuelle du roman, la présente étude porte sur la mise en scène de la photographie trompeuse. Elle explore également le lien entre une telle représentation et la pensée ontologique et nihiliste de Hermans. This article examines the representation of photography in Willem Frederik Hermans’ 1958 novel, The Darkroom of Damocles. The Dutch writer employs photography, a recurrent motif in his work, as a means for reflecting on the elusive nature of reality. More specifically, the study focuses on the phenomenon of “photographic deception” whereby photography thwarts main character Osewoudt’s expectations, and proves to be dangerous and deceitful. Through a textual analysis of the novel, the present study focuses on photography’s depiction as duplicitous. Additionally, the article explores the connection between Hermans’ representation of photography and his ontological and nihilistic thinking. mer., 01 oct. 2025 09:06:42 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=653 Numéro 15 - version PDF https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=696 jeu., 02 oct. 2025 16:26:29 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=696