synesthésie https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=441 Entrées d’index fr 0 Convergences lumière-acoustique dans la musique spectrale https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=436 Aux xxe et xxie siècles, les compositeurs intéressés par la résonance ou le modèle spectral ont également été sensibles à la lumière et aux couleurs. On trouve à leur sujet tout un champ lexical dévolu à la lumière de manière directe ou indirecte : lumière, luminosité, couleur(s), éclairage, teinte, ton, tonalité, reflet, réflexion… Au niveau scientifique, la lumière et le son font appel à un vocabulaire commun : ondes (mesurées en fréquences), spectre, décomposition, infrasons/infrarouges, ultrasons/ultraviolets, réfraction/diffraction… Mais, plus que la recherche de synesthésie, c’est le spectacle lumineux qui frappe les compositeurs. Chaque zone géographique de la planète présente une luminosité spécifique, liée à sa latitude, son ensoleillement, son altitude, son humidité, son climat, son relief… Au fur et à mesure que l’on se rapproche des pôles, on observe les aurores et les jours/nuits polaires, avec leurs manifestations si particulières en termes de lumière. Si les allusions au Nord restent parcimonieuses – que ce soit dans les titres des œuvres, dans leurs propos, leurs sources d’inspiration, ou dans le paratexte –, le phénomène de l’aurore boréale revient de manière récurrente. Edgard Varèse (1883-1965) et Kaija Saariaho (née en 1952), sont deux compositeurs de génération et d’origines géographiques différentes, mais qui ont une attache profonde au timbre. Varèse a été marqué par le spectacle et les sons de l’aurore boréale en 1910. Cela lui inspira une pièce intitulée Mehr Licht, restée à l’état d’esquisse et remaniée ensuite pour devenir Les cycles du Nord (1912), œuvre aujourd’hui perdue. Inspirée par la vision d’une aurore boréale, Lichtbogen (1986) de Saariaho s’inscrit pleinement dans l’esthétique spectrale française. Nox Borealis (2008) a été inspirée de par les bruits de l’aurore boréale. L’œuvre consiste en la projection d’une vidéo évoquant le phénomène, et accompagnée par un enregistrement de Lichtbogen. In the 20th and 21st centuries, composers interested in resonance or the spectral model were also sensitive to light and colour. There is a whole lexical field, directly or indirectly devoted to light : light, luminosity, colour(s), lighting, hue, tone, tone, reflection, reflection… Light and sound have a common vocabulary : waves (measured in frequencies), spectrum, decomposition, infrasound/infrared, ultrasound/ultraviolet, refraction/diffraction… But, more than the search for synaesthesia, it is the contemplation of light that strikes the composers. Each geographical area of the planet has a specific luminosity, linked to its latitude, sunshine, altitude, humidity, climate, relief… As we get closer to the poles, we observe the aurorae and polar days/nights, with their particular manifestations in terms of light. If allusions to the North remain parsimonious—whether in the titles of the works, in their words, sources of inspiration, or in paratext—the phenomenon of the aurora borealis recurs. Edgard Varèse (1883-1965) and Kaija Saariaho (born 1952) are two composers of different generations and of different geographical origins, but who have a deep attachment to timbre. Varèse was impressed by the spectacle and the sounds of the aurora borealis in 1910. This inspired him a piece entitled Mehr Licht, which remained in sketch form, and then reworked to become Les cycles du Nord (1912), a work which is lost today. Inspired by the vision of an aurora borealis, Saariaho’s Lichtbogen (1986) fits fully into the French spectral aesthetic. Nox Borealis (2008) was inspired by the sounds of the Aurora Borealis. The work consists in the projection of a video evoking the phenomenon, and accompanied by a recording by Lichtbogen. mer., 24 sept. 2025 14:13:31 +0200 mer., 03 déc. 2025 11:35:39 +0100 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=436