transfert culturel https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=338 Entrées d’index fr 0 L’aube d’une réflexion ethnographique sur le Grand Nord https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=428 Cette contribution analyse les traités de trois auteurs italiens qui ont étudié le Nord et les régions de l’Arctique, notamment Luigi Bossi Visconti (1758-1835), Giuseppe Acerbi (1773-1846) et Francesco Miniscalchi-Erizzo (1811-1875), dont les écrits ont fait l’objet de quelques rares recherches. L’un des traits communs à ces écrivains est qu’ils ne sont jamais étroitement spécialisés : ainsi Luigi Bossi Visconti est un traducteur ; Giuseppe Acerbi est un diplomate, journaliste et voyageur, tandis que Francesco Miniscalchi-Erizzo est un homme politique, polygraphe orientaliste et géographe qui a participé aux premiers travaux de la Société italienne de géographie. Même si ces auteurs sont toujours apparentés pour avoir traité des peuples de l’Arctique, ils ont proposé des horizons herméneutiques différents sur le Grand Nord. En cinquante ans, les perspectives analytiques des géographes ont changé, s’adressant notamment à l’exploitation des données anthropologiques afin d’examiner la société. This contribution analyses the writings of three Italian scholars who studied the Arctic regions, in particular Luigi Bossi Visconti (1758-1835), Giuseppe Acerbi (1773-1846) and Francesco Miniscalchi-Erizzo (1811-1875). One of the common features of these writers is that they are never narrowly specialized : Luigi Bossi Visconti is a translator ; Giuseppe Acerbi is a diplomat, journalist and traveller, and Francesco Miniscalchi-Erizzo is a politician, orientalist and geographer who took part in the Italian Geographical Society. Although these authors are still related in their treatment of the peoples of the Arctic, they have proposed different hermeneutical horizons on the Far North. In fifty years, the analytical perspectives of geographers have changed, addressing the exploitation of anthropological data to examine society. mer., 24 sept. 2025 14:13:09 +0200 jeu., 22 janv. 2026 11:18:48 +0100 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=428 Carry van Bruggen, actrice de transferts culturels et traductrice engagée https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=906 À partir d’une lecture des articles de Carry van Bruggen sur la « littérature moderne », récemment traduits en français, la présente contribution pose la question de son rôle comme actrice de transferts culturels et partie prenante de réseaux littéraires et éditoriaux à dimension internationale. Pour amorcer l’étude de cette question, on se concentre ici sur ses réflexions et sa pratique de l’activité de traduction, en particulier de textes français. Le contexte de publication de ses traductions, dont un exemple marquant est particulièrement mis en lumière, fait ressortir son implication dans des réseaux intellectuels actifs et son engagement social. À la lumière de ses réflexions théoriques et au vu de sa pratique concrète, ses traductions apparaissent comme une partie intégrante de son œuvre créatrice, contribution consciente et engagée aux circulations littéraires internationales. Based on a reading of Carry van Bruggen’s articles on ‘modern literature’, recently translated into French, this contribution raises the question of her role in cultural transfers as well as in literary and publishing networks with an international dimension. To begin our study of this question, we focus here on her reflections on and practice of the activity of translation, particularly of French texts. The context in which her translations were published highlights her involvement in active intellectual networks and her social commitment. In the light of her theoretical reflections and on the basis of a short analysis of her translation techniques, her translations appear to be an integral part of her creative work, a conscious and committed contribution to international literary circulations. lun., 24 nov. 2025 11:33:48 +0100 mer., 03 déc. 2025 16:06:26 +0100 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=906 The Dutch Captain Jan van Riebeeck in South Africa https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=346 Histories of colonization connect the North of Europe with different parts of the world. They have shaped and reshaped the self-images of the colonized and the coloniser to this day. It is therefore important to further investigate the cultural and political transfer between the former colonial powers and their former colonies. In this article, I focus on the 1952 celebrations of the 300th anniversary of the arrival of the Dutch captain Jan van Riebeeck at the southernmost tip of the African continent. This case reveals how national celebrations with their specific performances function as vital acts of transfer, transmitting social knowledge, memory, and a sense of identity. The Van Riebeeck celebrations took place in South Africa as well as in the Netherlands. In both countries, the celebratory repertoires functioned as a means of storing and transmitting narratives and images of a shared past connecting European civilisation and modernity with that of White South Africa. The complacent self-image of the (former) Dutch and Europeans was fashioned in contrast to the ‘uncivilised’ Dark continent of Africa. The narratives and images of Jan van Riebeeck arriving with his ship from the North of Europe made him an icon of White Europeanness connecting Europe with the ‘settler’—population of South Africa and other settler societies—and vice versa. This circulation of European supremacy within different and overlapping imperial networks connecting Europe to the African continent deserves more attention, as it continues to shape Europe’s self-image, which is deeply rooted in our colonial heritage, both in and outside Europe.  L’histoire de la colonisation relie le nord de l’Europe à différentes parties du monde. Elles ont façonné et remodelé les images de soi des colonisés et des colonisateurs jusqu’à aujourd’hui. Il est donc important d’étudier plus en profondeur les transferts culturels et politiques entre les anciennes puissances coloniales et leurs anciennes colonies. Dans cet article, nous nous concentrons sur les célébrations de 1952 du 300e anniversaire de l’arrivée du capitaine néerlandais Jan van Riebeeck à la pointe la plus méridionale du continent africain. Ce cas révèle comment les célébrations nationales, avec leurs performances spécifiques, fonctionnent comme des actes vitaux de transfert du savoir social, de la mémoire et du sens de l’identité. Les célébrations de Van Riebeeck ont eu lieu en Afrique du Sud et aux Pays-Bas aussi. Dans les deux pays, les répertoires de célébration ont fonctionné comme un moyen de stocker et de transmettre des récits et des images d’un passé commun reliant la civilisation et la modernité européennes à celles de l’Afrique du Sud blanche. L’image de soi complaisante des (anciens) Néerlandais et des Européens a été façonnée en contraste avec le continent noir « non civilisé » de l’Afrique. Les récits et les images de Jan van Riebeeck arrivant avec son navire du nord de l’Europe ont fait de lui une icône de l’européanité blanche reliant l’Europe à la population des « colons » d’Afrique du Sud et d’autres sociétés de colonisation, et vice-versa. Cette circulation de la suprématie européenne au sein de réseaux impériaux différents, se chevauchant et reliant l’Europe au continent africain, mérite plus d’attention, car elle continue à façonner l’image que l’Europe a d’elle-même et qui est profondément enracinée dans notre héritage colonial, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Europe. mer., 24 sept. 2025 09:34:56 +0200 mer., 03 déc. 2025 14:37:27 +0100 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=346 Une école démocratique et des familles libérées ? https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=334 La construction imaginaire de la société suédoise en tant que « modèle » est un processus à multiples facettes, qui apparaît dans son ambivalence dès lors qu’on l’examine en des termes dynamiques, sur la longue durée. Il est également nécessaire de mettre l’accent sur les singularités des réceptions de ces modèles à l’échelle nationale et sur l’interaction qui s’y matérialise entre une « offre » et une « demande » d’exemplarité. Cet article aborde cette problématique en se concentrant sur un segment temporel et sur un vecteur : les documentaires télévisés sur l’actualité sociale suédoise, produits en France à partir de 1960, que l’auteur a recensés de manière exhaustive en s’appuyant sur les archives historiques de l’Institut national de l’audiovisuel. La construction de ces émissions témoigne d’une focalisation rapide sur le thème des valeurs éducatives et du nouveau statut des jeunes à l’école et dans les familles : un champ qui devient le test de l’idée régulatrice qui fait de la Suède le laboratoire de la société horizontale, égalitaire et inclusive de demain.  La trajectoire de ce récit prophétique est analysée à partir de l’action croisée de plusieurs projets : en particulier, la rencontre entre des attentes françaises, sédimentées dans les agendas réformateurs des gouvernements de la seconde moitié des années 1960, et une campagne de promotion du modèle suédois (Nation Branding), qui connaît, durant la même époque, un processus de professionnalisation et une focalisation sur la France. L’image idéalisée qui se cristallise dans les années 1960 se situe au croisement de ces deux stratégies – mais aussi des malentendus qu’elles suscitent, sur les deux versants. L’éclipse du mythe éducatif suédois dans les années 1970 coïncide avec l’atténuation du rayonnement du projet social-démocrate, en relation avec la crise socio-économique et l’aggravation du conflit social dans les pays avancés de l’Occident. Cependant, les nouveaux pics d’attention que le thème du « modèle éducatif » suédois a suscités, comme il apparaît de la production ultérieure, attestent de la persistance de certains tropes (éducation non-violente, absence de sélection, égalité des sexes) qui en font une source permanente d’étonnement pour le public français. Un « modèle » appréhendé en termes naturalistes, comme une condition objective, immanente et imperméable au changement social. The imaginary construction of Swedish society as a ‘model’ is a multifaceted process, which reveals its ambivalence when examined in dynamic terms, in a long-term perspective. It is also necessary to highlight the singularities of the reception of these models on a national scale—and the interaction that materializes between a ‘supply’ and a ‘demand’ for exemplarity. From this perspective, this article focuses on a specific time segment and a specific medium: namely, television documentaries on Swedish social issues produced in France from 1960 onwards. Using the historical archives of the National Board of Audiovisual productions, the author has made an exhaustive inventory of information reportings about Sweden. The construction of these programs shows a rapid focus of the content on the theme of educational values and the changing status of young people in schools and families: a field that soon becomes a test of the regulatory idea of Sweden as a laboratory of tomorrow’s horizontal, egalitarian and inclusive society. The trajectory of this prophetic narrative is analysed through the cross-analysis of various projects: in particular, the encounter between French social expectations, sedimented in the reformist agendas of the governments of the second half of the 1960s, and a campaign for the promotion of the Swedish model (Nation Branding), which, precisely in this period, underwent a process of professionalization and a focus on France. The idealized image that crystallizes in the 1960s is the meeting of these two strategies—but also the result of the misunderstandings it triggers, on both sides of the screen. The exhaustion of the Swedish educational myth in the 1970s coincided with the weakening of the social democratic project in relation to the socio-economic crisis and the deepening of social conflict in the advanced countries of the West. However, the new peaks of attention that the theme of the Swedish ‘educational model’ has attracted, in the light of later output, attest to the persistence of certain tropes (non-violent education, absence of selection, gender equality) that make it a permanent source of astonishment for the French public. A “model” apprehended in naturalistic terms, as an objective condition, immanent and impermeable to social change. mer., 24 sept. 2025 09:33:38 +0200 mer., 03 déc. 2025 14:36:29 +0100 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=334