Usages du Nord dans la communication politique https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=240 Définir une fois pour toutes le « Nord » serait illusoire. Ce numéro de Deshima veut, cependant, essayer d’en tracer les contours relationnels, le Nord se définissant par rapport à un « Sud » qui se fait à son tour topos conceptuel d’Autre du Nord. Le monde présente ainsi un Nord et un Sud, certains pays opposent également un Nord et un Sud, et l’on distingue habituellement une Europe du Nord et une Europe du Sud. Le Nord et le Sud se caractérisent par leur complémentarité, sans être pour autant équivalents. Voilà pourquoi l’imaginaire et les valeurs associés au Nord et au Sud sont rarement les mêmes. Il s’agit de deux concepts qui représentent l’un des exemples les plus persuasifs de hiérarchisation des relations politiques et intellectuelles entre dominant et dominé. Sans nier l’existence d’autres oppositions géographiques dans le discours politique (centre vs. périphérie, Ouest vs. Est, etc.), celle entre Nord et Sud semble actuellement, sinon exclusive, du moins dominante (Global North vs. Global South ; Europe du Nord vs. Europe du Sud). Cependant, tracer une frontière entre Nord et Sud reste une entreprise risquée qui dépendra de pratiques discursives en évolution permanente. Et c’est justement de ces pratiques que le présent numéro de Deshima veut offrir une première exploration dans une perspective européenne et globale. Numéro entier en PDF (9,40 Mo). Numéros en texte intégral fr lun., 22 sept. 2025 15:47:20 +0200 jeu., 04 déc. 2025 09:51:27 +0100 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=240 0 Première de couverture https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=241 lun., 22 sept. 2025 15:55:28 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=241 Quand le médiévalisme rencontre le boréalisme https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=248 L’article analyse les manières dont le concept de Nord et celui de Moyen Âge se conjuguent dans la culture politique contemporaine. Après avoir introduit le problème et proposé un compte rendu des études les plus récentes, on poursuit en décrivant trois clés de lectures concernant le rapport du Moyen Âge avec le Nord. La première dérive de la combinaison des deux termes cités au concept de Sud. La seconde traite de l’invention contemporaine du casque viking muni de cornes. Enfin, la troisième clé de lecture permet d’évoquer un problème qui se pose à tous les historiens d’aujourd’hui, celui de l’indéniable force de frappe de l’actualisme, c’est-à-dire de l’instrumentalisation et de la relecture du passé pour les usages du présent. Dans ce cas encore, les concepts de Nord et de Moyen Âge font bon ménage, surtout dans les mouvements de droite. The article investigates how the concept of the North and that of the Middle Ages come together in contemporary political culture. After introducing the problem and offering an account of the most recent studies, I examine three key aspects of the relationship of the Middle Ages with the North. The first concerns the analysis of what happens when the concept of South is added to the two former terms. The second deals with the issue of the contemporary invention of the Viking helmet with horns. Finally, the third key aspect offers the chance to discuss a problem common to all historians today: the undeniable strength of actualism, that is, the instrumentalization and re-reading of the past for present uses. Here again, the North and the Middle Ages go hand in hand, especially in right-wing movements. lun., 22 sept. 2025 16:37:29 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=248 Lost Heritage and Reconstructing Sámi Roots in Mats Jonsson’s Comic Novel När vi var samer https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=260 In Sweden, artistic expressions by Sámi authors and artists dealing with the trauma of lost language, culture and identity of the Sámi, the only indigenous people in Europe, have recently become visible in a prominent way. The film Sami Blood (2016), directed by Amanda Kernell, was shown at festivals in Europe. The epic poem Ædnan. Epos (2018) by Linnea Axelsson, about the forced migration of Sámi families, was awarded the prestigious Augustprize in 2018 for the best fiction book, and Elin Anna Labba received the same prize for nonfiction in 2020 for her documentary book Herrarna satte oss dit. Om tvångsförflyttningarna i Sverige (2020), also about Sámi forced migration in Northern Scandinavia. In 2021, Mats Jonsson published the comic novel När vi var samer (When we were Sámi), which had very positive reviews in the most prominent Swedish newspapers such as Svenska Dagbladet and Dagens Nyheter. Mats Jonsson discovered that his ancestors were originally Sámi. He refers to the works of Axelsson and Labba and positions himself in the same genre, i.e. modern Sámi literature about lost heritage and identity. This paper sets the comic novel by Jonsson in the context of Axelsson’s and Labba’s works and, more generally, the renaissance of modern Sámi literature in Sweden. Furthermore, the analysis of När vi var samer will demonstrate how literature is intended to heal trauma, visualize a lost history and strengthen peripheral voices. En Suède, les expressions artistiques d’auteurs et d’artistes sámi traitant du traumatisme de la perte de la langue, de la culture et de l’identité des Sámi, le seul peuple autochtone d’Europe, sont récemment devenues manifestement visibles. Entre autres, le film Sami Blood (2016), réalisé par Amanda Kernell, a été présenté dans plusieurs festivals en Europe. Le poème épique Ædnan. Epos (2018) de Linnea Axelsson, qui traite de la migration forcée des familles sámi, a quant à lui reçu le prestigieux Augustprize en 2018 pour le meilleur livre de fiction. Le même prix a ensuite, en 2020, été décroché dans la catégorie non-fiction par le livre documentaire d’Elin Anna Labba Herrarna satte oss dit. Om tvångsförflyttningarna i Sverige (2020), qui s’occupe également de la migration forcée des Sámi dans le nord de la Scandinavie. En 2021, c’est le tour de Mats Jonsson. Il publie alors la bande dessinée När vi var samer, en recevant des critiques très positives dans les principaux journaux suédois tels que Svenska Dagbladet et Dagens Nyheter. Ayant découvert que ses ancêtres étaient à l’origine des Sámi, Mats Jonsson se laisse inspirer par les œuvres d›Axelsson et de Labba afin de se positionner dans le même genre, à savoir celui de la littérature sámi moderne thématisant la perte de l’héritage et de l’identité. Cet article replace la bande dessinée de Jonsson dans le contexte créé par les œuvres d’Axelsson et de Labba et, plus généralement, par la renaissance de la littérature sámi moderne en Suède. En outre, l’analyse de När vi var samer montre comment la littérature peut servir à guérir les traumatismes, à visualiser une histoire perdue et à renforcer les voix périphériques. mer., 24 sept. 2025 09:20:37 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=260 From Justification to Inclusion https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=272 This paper examines communication strategies of Moravian missionaries in their earliest printed reports from their Arctic mission station Neu-Herrnhut in Greenland in the first half of the 18th century. These sources prove that strategic use of selected narratives witnesses a process of justification of missionary activities and legitimisation of the right to exist as a Moravian Church belonging to the Lutheran denomination. This contribution argues that the selection of published diaries and reports for print was determined by the missionaries’ constructions of the Arctic. By publishing texts which create a vision of the Far North as an opportunity for missionary work that could be successful, the Moravians claimed inclusion to both the Protestant world and the worldwide interconfessional community of missionaries. Thus, the Far North appears as a space full of promises that could be turned into a fertile ground for conversion to the Moravian faith. The Inuit of Greenland were considered as predisposed to become members of Moravian community in view of the latter’ moral habits. The Arctic environment is described in terms familiar to European and Moravian audiences as providing the resources needed for missionaries’ activities. The comparison of printed texts with handwritten material reveals a more complex vision of the Far North, however. Handwritten letters appear to be more realistic as to conditions in the field. Especially letters sent to Herrnhut describe in less official manner various problems that arose from the contact with the Greenlanders’ culture, their environment, and Danish missionaries. Cet article examine les stratégies de communication des missionnaires moraves dans leurs premiers rapports envoyés de leur station missionnaire arctique de Neu-Herrnhut au Groenland durant la première moitié du xviiie siècle. Ces sources imprimées prouvent que l’utilisation stratégique de récits sélectionnés témoigne d’un processus de justification des activités missionnaires et de légitimation du droit d’exister en tant qu’Église morave appartenant à la confession luthérienne. Cette contribution s’attache à démontrer que la sélection des journaux et des rapports publiés a été déterminée par les constructions de l’Arctique de la part des missionnaires moraves. En publiant des textes qui présentent le Grand Nord comme une opportunité de travail missionnaire susceptible d’être couronnée de succès, les Moraves revendiquent leur appartenance au monde protestant et à la communauté interconfessionnelle mondiale des missionnaires. Ainsi, le Grand Nord apparaît comme un espace plein de promesses qui pourrait être transformé en un terrain fertile pour la conversion à la foi morave. Les Inuits du Groenland ont été considérés comme prédisposés à devenir membres de la communauté morave en raison de leurs habitudes morales. L’environnement arctique est décrit en des termes familiers au public européen et morave comme fournissant les ressources nécessaires aux activités des missionnaires. La comparaison des textes imprimés et manuscrits révèle une vision plus complexe du Grand Nord. Les lettres manuscrites semblent plus réalistes quant aux conditions sur le terrain. Les lettres envoyées à Herrnhut, en particulier, décrivent de manière moins officielle divers problèmes survenus au contact de la culture des Groenlandais, de leur environnement et des missionnaires danois. mer., 24 sept. 2025 09:28:54 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=272 Connecting Knowledge in the Stjernøya Case https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=284 With the incorporation in the national law of the 1989 C169 ILO convention’s provisions on the right to land for indigenous people, Norway opened the way to a new kind of acquisitive prescription tailored to the specificity of Sámi traditional knowledge: alders tids bruk, the immemorial use of land. The field of Stjernøya, an island located off the coast of Western Finnmark and rich in Nepheline Syenite, was the first opened to such a transfer of ownership in 2008. But the applicants (mainly reindeer herders) failed, according to the Supreme Court to prove continuous, exclusive, and intensive use of the land, despite providing an extensive list of documents highlighting their ‘traditional’ knowledge as reindeer herders in opposition to modern knowledge personified by the mine. The aim of the paper is therefore to analyze the underlying reasons for the opposition between reindeer herding and mining knowledge based on the corpus of the Stjernøya case. Are these two paradigms per se in contradiction—or inherently linked? As such, the demonstration will highlight the necessity of connecting modern and traditional knowledge for reindeer herders to maintain a favorable political statu quo within the sámi group in implicit co-construction with the Norwegian State.  Avec l’incorporation en droit national des dispositions de la convention C169 de l’OIT de 1989 sur le droit à la terre des peuples autochtones, la Norvège a ouvert la voie à un nouveau type de prescription acquisitive adaptée à la spécificité des savoirs traditionnels sámi : alders tids bruk, l’usage immémorial de la terre. Le champ de Stjernøya, une île située au large de la côte du Finnmark de l’ouest et riche en syénite néphélinique, a été le premier ouvert à un tel transfert de propriété en 2008. Mais les demandeurs (principalement des éleveurs de rennes) n’ont pas réussi, selon la Cour suprême, à prouver l’utilisation continue, exclusive et intensive de la terre, bien qu’ils aient fourni une longue liste de documents mettant en évidence leur savoir « traditionnel » d’éleveur de rennes en opposition au savoir moderne personnifié par la mine. L’objectif de cet article est donc d’analyser les raisons sous-jacentes de l’opposition entre l’élevage de rennes et le savoir minier à partir du corpus du cas Stjernøya. Ces deux paradigmes sont-ils en soi en contradiction – ou intrinsèquement liés ? En tant que telle, la démonstration mettra en évidence la nécessité pour les éleveurs de rennes de connecter les connaissances modernes et traditionnelles afin de maintenir un statu quo politique favorable au sein du groupe sámi en co-construction implicite avec l’État norvégien. mer., 24 sept. 2025 09:29:31 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=284 The “Lazy” and the “Frugal” https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=296 This article focuses on the social media image from Northern and Southern European countries during the Covid-19 crisis, particularly during the Recovery Fund negotiations. To this end, a corpus of 157 tweets by moderate and populist Italian and Dutch political leaders was created during the period between March and August 2020. The theoretical premises are based on imagology (Beller & Leerssen 2007), a sub-discipline that originated in the field of comparative literature which over time has been applied to other domains, such as media studies and translation studies. The preliminary results of this small corpus of tweets confirm that populist rhetoric tends to use national stereotypes to attack opponents. Cet article se concentre sur l’image des pays d’Europe du Nord et du Sud qui a émergé dans les médias sociaux pendant la crise du Covid-19, en particulier pendant les négociations du Fonds de relance. À cette fin, un corpus de 157 tweets de dirigeants politiques italiens et néerlandais modérés et populistes a été créé au cours de la période comprise entre mars et août 2020. Les prémisses théoriques reposent sur l’imagologie (Beller et Leerssen 2007), une sous-discipline issue de la littérature comparée qui, au fil du temps, a été appliquée à d’autres domaines, tels que l’étude des médias et la traductologie. Les résultats préliminaires de ce petit corpus confirment que la rhétorique populiste tend à utiliser des stéréotypes nationaux pour attaquer les opposants. mer., 24 sept. 2025 09:30:12 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=296 Creating a Norwegian Art at the Turn of the 20th Century https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=310 After centuries of Danish domination, Norway finally accessed to independence in 1814 within a personal union with Sweden. From this time on, Norway wanted to put forward its own cultural identity by creating a national narrative based on the Viking heritage (793-950). Towards the end of the 19th century, artists and architects spread this national narrative by a Norwegian art called “dragestil” or “dragon style”. However, with the turn of the century, a modernized version of this national style was awaited. The cultural and political elites wished to showcase the economic expansion and the urban modernization implied by the Industrial Revolution. The national art had to reflect this socio-economic progress of the modern Norwegian society. In this context, how did artists and architects reinvent their Viking heritage to face the challenge of modernity? What was the reception of this new Norwegian style on the international scene? To answer these interrogations, the paper will highlight the proposition made by the Norwegian architect Henrik Bull. Studying the set of furniture that he designed for the General Art and Industrial Exhibition in Stockholm in 1897 will help to shed light on the creation of a new Norwegian style at the turn of the 20th century. By associating the new aesthetic principles of Art Nouveau with Viking ornaments, Henrik Bull successfully combined tradition and modernity. His proposition was indeed awarded on the international scene, and especially at the 1900 World’s Fair in Paris. Après plusieurs siècles de domination danoise, la Norvège acquiert enfin son indépendance en 1814 au sein d’une union personnelle avec la Suède. Dès lors, elle n’aura de cesse d’affirmer son particularisme culturel à travers la création d’un récit national propre basé sur l’héritage viking (793-950). Vers la fin du xixe siècle, les artistes et les architectes vont illustrer et diffuser ce récit national en élaborant un art norvégien appelé le « dragestil » ou « style dragon ». Pourtant, au tournant du siècle, la nécessité de faire évoluer ce style national vers une version plus moderne se fait jour. La Norvège souhaite en effet mettre en avant l’essor économique et la modernisation des villes engendrés par la Révolution industrielle. L’art national doit désormais donner l’image d’un pays moderne, marqué par d’importants progrès économiques et sociaux. Dans cette quête identitaire, comment les artistes et les architectes vont-ils revisiter l’héritage viking pour répondre à cet enjeu de modernité ? Quelle va être la réception de ce nouveau style norvégien sur la scène internationale ? Pour répondre à ces questions, cet article s’intéressera à la proposition élaborée par l’architecte norvégien Henrik Bull. L’analyse d’un ensemble mobilier qu’il dessine pour l’Exposition des Arts et de l’Industrie de Stockholm en 1897 permettra de mettre en lumière l’émergence d’un nouveau style norvégien au tournant du xxe siècle. En associant les nouveaux principes esthétiques de l’Art nouveau aux ornements d’origine viking, l’architecte réussit à concilier modernité et tradition, une solution qui sera récompensée au niveau international, notamment à l’Exposition universelle de 1900 à Paris. mer., 24 sept. 2025 09:31:13 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=310 Mère, citoyenne, déesse https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=322 L’article aborde le thème de la symbolique politique dans les affiches électorales de la période de l’entre-deux-guerres dans les pays que nous jugeons du Nord pour la situation géographique – Allemagne et Pays-Bas – et les pays du Sud – France et Italie. Issu de la problématique plus large d’un travail de thèse, le corpus d’affiches sélectionnées pendant deux ans de recherche a engendré une réflexion sur le symbole de la femme, décliné en mère, citoyenne et déesse. Ces trois déclinaisons guideront notre analyse selon deux axes de réflexion, basés sur les rôles attribués aux figures féminines dans les affiches électorales, entre poses passives, en tant que symboles à protéger des périls propres au contexte de la campagne électorale en question, et figures actives, protégeant et rassurant la communauté électorale, illustrant le choix à faire. The article approaches the topic of political symbology in electoral posters of the inter-war period. The countries involved are Germany and the Netherlands—which we consider placed in Northern Europe—and France and Italy—included in Southern Europe. The article refers to a larger two-years PhD research project, during which a vast number of electoral posters have been collected. This research led to a deeper reflection on the symbol of the woman and its versions—mother, citizen and goddess. These three declinations will guide our analysis in two lines of thought, based on the roles attributed to female figures in election posters, between passive poses, as symbols to be protected from the perils specific to the context of the election campaign in question, and active figures, protecting and reassuring the electoral community, exemplifying the choice to be made. mer., 24 sept. 2025 09:31:57 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=322 Une école démocratique et des familles libérées ? https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=334 La construction imaginaire de la société suédoise en tant que « modèle » est un processus à multiples facettes, qui apparaît dans son ambivalence dès lors qu’on l’examine en des termes dynamiques, sur la longue durée. Il est également nécessaire de mettre l’accent sur les singularités des réceptions de ces modèles à l’échelle nationale et sur l’interaction qui s’y matérialise entre une « offre » et une « demande » d’exemplarité. Cet article aborde cette problématique en se concentrant sur un segment temporel et sur un vecteur : les documentaires télévisés sur l’actualité sociale suédoise, produits en France à partir de 1960, que l’auteur a recensés de manière exhaustive en s’appuyant sur les archives historiques de l’Institut national de l’audiovisuel. La construction de ces émissions témoigne d’une focalisation rapide sur le thème des valeurs éducatives et du nouveau statut des jeunes à l’école et dans les familles : un champ qui devient le test de l’idée régulatrice qui fait de la Suède le laboratoire de la société horizontale, égalitaire et inclusive de demain.  La trajectoire de ce récit prophétique est analysée à partir de l’action croisée de plusieurs projets : en particulier, la rencontre entre des attentes françaises, sédimentées dans les agendas réformateurs des gouvernements de la seconde moitié des années 1960, et une campagne de promotion du modèle suédois (Nation Branding), qui connaît, durant la même époque, un processus de professionnalisation et une focalisation sur la France. L’image idéalisée qui se cristallise dans les années 1960 se situe au croisement de ces deux stratégies – mais aussi des malentendus qu’elles suscitent, sur les deux versants. L’éclipse du mythe éducatif suédois dans les années 1970 coïncide avec l’atténuation du rayonnement du projet social-démocrate, en relation avec la crise socio-économique et l’aggravation du conflit social dans les pays avancés de l’Occident. Cependant, les nouveaux pics d’attention que le thème du « modèle éducatif » suédois a suscités, comme il apparaît de la production ultérieure, attestent de la persistance de certains tropes (éducation non-violente, absence de sélection, égalité des sexes) qui en font une source permanente d’étonnement pour le public français. Un « modèle » appréhendé en termes naturalistes, comme une condition objective, immanente et imperméable au changement social. The imaginary construction of Swedish society as a ‘model’ is a multifaceted process, which reveals its ambivalence when examined in dynamic terms, in a long-term perspective. It is also necessary to highlight the singularities of the reception of these models on a national scale—and the interaction that materializes between a ‘supply’ and a ‘demand’ for exemplarity. From this perspective, this article focuses on a specific time segment and a specific medium: namely, television documentaries on Swedish social issues produced in France from 1960 onwards. Using the historical archives of the National Board of Audiovisual productions, the author has made an exhaustive inventory of information reportings about Sweden. The construction of these programs shows a rapid focus of the content on the theme of educational values and the changing status of young people in schools and families: a field that soon becomes a test of the regulatory idea of Sweden as a laboratory of tomorrow’s horizontal, egalitarian and inclusive society. The trajectory of this prophetic narrative is analysed through the cross-analysis of various projects: in particular, the encounter between French social expectations, sedimented in the reformist agendas of the governments of the second half of the 1960s, and a campaign for the promotion of the Swedish model (Nation Branding), which, precisely in this period, underwent a process of professionalization and a focus on France. The idealized image that crystallizes in the 1960s is the meeting of these two strategies—but also the result of the misunderstandings it triggers, on both sides of the screen. The exhaustion of the Swedish educational myth in the 1970s coincided with the weakening of the social democratic project in relation to the socio-economic crisis and the deepening of social conflict in the advanced countries of the West. However, the new peaks of attention that the theme of the Swedish ‘educational model’ has attracted, in the light of later output, attest to the persistence of certain tropes (non-violent education, absence of selection, gender equality) that make it a permanent source of astonishment for the French public. A “model” apprehended in naturalistic terms, as an objective condition, immanent and impermeable to social change. mer., 24 sept. 2025 09:33:38 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=334 The Dutch Captain Jan van Riebeeck in South Africa https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=346 Histories of colonization connect the North of Europe with different parts of the world. They have shaped and reshaped the self-images of the colonized and the coloniser to this day. It is therefore important to further investigate the cultural and political transfer between the former colonial powers and their former colonies. In this article, I focus on the 1952 celebrations of the 300th anniversary of the arrival of the Dutch captain Jan van Riebeeck at the southernmost tip of the African continent. This case reveals how national celebrations with their specific performances function as vital acts of transfer, transmitting social knowledge, memory, and a sense of identity. The Van Riebeeck celebrations took place in South Africa as well as in the Netherlands. In both countries, the celebratory repertoires functioned as a means of storing and transmitting narratives and images of a shared past connecting European civilisation and modernity with that of White South Africa. The complacent self-image of the (former) Dutch and Europeans was fashioned in contrast to the ‘uncivilised’ Dark continent of Africa. The narratives and images of Jan van Riebeeck arriving with his ship from the North of Europe made him an icon of White Europeanness connecting Europe with the ‘settler’—population of South Africa and other settler societies—and vice versa. This circulation of European supremacy within different and overlapping imperial networks connecting Europe to the African continent deserves more attention, as it continues to shape Europe’s self-image, which is deeply rooted in our colonial heritage, both in and outside Europe.  L’histoire de la colonisation relie le nord de l’Europe à différentes parties du monde. Elles ont façonné et remodelé les images de soi des colonisés et des colonisateurs jusqu’à aujourd’hui. Il est donc important d’étudier plus en profondeur les transferts culturels et politiques entre les anciennes puissances coloniales et leurs anciennes colonies. Dans cet article, nous nous concentrons sur les célébrations de 1952 du 300e anniversaire de l’arrivée du capitaine néerlandais Jan van Riebeeck à la pointe la plus méridionale du continent africain. Ce cas révèle comment les célébrations nationales, avec leurs performances spécifiques, fonctionnent comme des actes vitaux de transfert du savoir social, de la mémoire et du sens de l’identité. Les célébrations de Van Riebeeck ont eu lieu en Afrique du Sud et aux Pays-Bas aussi. Dans les deux pays, les répertoires de célébration ont fonctionné comme un moyen de stocker et de transmettre des récits et des images d’un passé commun reliant la civilisation et la modernité européennes à celles de l’Afrique du Sud blanche. L’image de soi complaisante des (anciens) Néerlandais et des Européens a été façonnée en contraste avec le continent noir « non civilisé » de l’Afrique. Les récits et les images de Jan van Riebeeck arrivant avec son navire du nord de l’Europe ont fait de lui une icône de l’européanité blanche reliant l’Europe à la population des « colons » d’Afrique du Sud et d’autres sociétés de colonisation, et vice-versa. Cette circulation de la suprématie européenne au sein de réseaux impériaux différents, se chevauchant et reliant l’Europe au continent africain, mérite plus d’attention, car elle continue à façonner l’image que l’Europe a d’elle-même et qui est profondément enracinée dans notre héritage colonial, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Europe. mer., 24 sept. 2025 09:34:56 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=346 European Crises and Ordoliberalism https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=358 Ordoliberalism provides an economic framework with a strong emphasis on strict fiscal management and the state setting the optimal conditions under which the free market can reach its full potential. Ordoliberalism originated in Germany and played a role in its successful pre-war economic recovery. According to some scholars, ordoliberalism was an influential force in shaping the European institutions and regulations through the influence Germany has on EU policymaking. However, as such certain European policies might fit the social-economic structure of the Protestant North better than the social-economic background of the South. The literature review shows that this cleavage became especially apparent during the European debt crisis. In this research, a potential European North-South divide is addressed through an analysis of ordoliberal ideals on the position of Dutch political parties. This is done through an analysis of their position on the third economic readjustment programme for Greece and the European plans to counter the economic effects of the Covid-19 pandemic. The conclusion of this analysis indicates that there seems to be an ordoliberal influence within the aforementioned debates; but that this might have developed along party lines rather than along a European North-South divide. L’ordolibéralisme présente un cadre économique qui met l’accent sur une gestion budgétaire stricte et sur la mise en place par l’État des conditions optimales permettant au marché libre d’atteindre son plein potentiel. L’ordolibéralisme est né en Allemagne et a joué un rôle dans le redressement économique réussi de ce pays avant la guerre. Selon certains spécialistes, l’ordolibéralisme a contribué à façonner les institutions et les réglementations européennes grâce à l’influence de l’Allemagne sur l’élaboration des politiques de l’UE. Toutefois, en tant que telles, certaines politiques européennes pourraient mieux convenir à la structure socio-économique du Nord protestant qu’au contexte socio-économique du Sud. L’état de l’art montre que ce clivage est devenu particulièrement apparent lors de la crise de la dette européenne. Dans cette recherche, nous abordons un potentiel clivage européen Nord-Sud par le biais d’une analyse des idéaux ordolibéraux sur la position des partis politiques néerlandais. Pour ce faire, nous analysons leur position sur le troisième programme de réajustement économique pour la Grèce et les plans européens visant à contrer les effets économiques de la pandémie du Covid-19. Les conclusions de cette analyse indiquent qu’il semble y avoir une influence ordolibérale dans les débats susmentionnés, mais qu’elle pourrait s’être développée selon les lignes de parti plutôt que selon un clivage européen Nord-Sud. mer., 24 sept. 2025 09:35:43 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=358 The North-South Divide and British Politics in the 1980s https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=370 It had been widely accepted for a long time that Great Britain was divided geographically between a poor, industrial, urban North and a more prosperous, rural South. It was generally assumed that this division resulted from the Industrial Revolution which had transformed the North and led to the emergence of extractive industries, factories and consequently large towns and cities. Although no clear definition of the North existed, it was usually thought that it included Northern England, Scotland and Wales. The mid to late 1980s saw a quantitative and a qualitative change regarding the use of the concept of the North-South divide. The division between Northern and Southern England, in particular, was frequently referred to in articles in the press, and politicians also mentioned it in speeches in parliament. Furthermore, it took on a symbolic value as it appeared to illustrate the separation between opponents and supporters of Margaret Thatcher and her policies. This article will take a closer look at the English North-South divide in the 1980s and how the North was represented. The divide became a metaphor for social and economic inequalities that had appeared in the Thatcher years. It allowed opponents of the Prime Minister to prove that she was more radical, and therefore more dangerous, than her predecessors. Nevertheless, the North-South divide was only used sporadically by the Labour Party as, although it was useful, it could be politically dangerous by leading the party to be too closely associated with a single part of the country and limiting its appeal. On a longtemps considéré que la Grande-Bretagne était divisée, au plan géographique, entre le Nord, défavorisé, industriel et urbain, et le Sud, plus prospère et rural. Il était également largement admis que ce clivage était issu de la Révolution industrielle qui avait transformé le Nord, et avait entraîné le développement des mines et des usines et par conséquent celui des villes et des métropoles. Aucune définition précise du Nord n’existait, mais il incluait généralement le nord de l’Angleterre, l’Écosse et le pays de Galles. Du milieu à la fin des années 1980, un changement quantitatif et qualitatif s’est produit dans l’usage du concept du clivage Nord-Sud. Le clivage entre le nord et le sud de l’Angleterre, en particulier, figurait souvent dans des articles de presse ainsi que dans les discours des politiciens au parlement. En outre, ce clivage a acquis une portée symbolique dans la mesure où il semblait illustrer le fossé entre les opposants et les partisans de Margaret Thatcher et de sa politique. Cet article se propose d’examiner en détail le clivage Nord-Sud en Angleterre dans les années 1980 ainsi que la façon dont le Nord était représenté. Ce clivage est devenu une métaphore des inégalités sociales et économiques qui ont émergé pendant les années Thatcher. Il a permis aux opposants de la première ministre d’affirmer qu’elle était plus radicale et donc plus dangereuse que ses prédécesseurs. Et pourtant, le parti travailliste n’utilisait que rarement le clivage Nord-Sud, car, bien qu’utile, il pouvait être politiquement risqué et amener le parti à être associé étroitement à une seule région du pays, limitant ainsi son attractivité. mer., 24 sept. 2025 09:36:35 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=370 Sur les traces néerlandaises de Lou Andreas-Salomé https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=382 Avec cette contribution, je propose de poursuivre l’enquête sur la place du néerlandais dans la vie et dans l’œuvre de Lou Andreas-Salomé (1861-1937) que j’ai entamée en m’intéressant au surprenant silence qui entoure le roman In den strijd om God. L’auteure l’avait elle-même traduit de l’allemand vers le néerlandais et l’avait publié en 1886 chez l’éditeur amstellodamois Van Kampen & Zoon. Ici, la focale sera portée sur Ruth (1895), roman qui connut un grand succès du vivant de l’auteure. Ce roman de Lou Andreas-Salomé a sans doute été du goût de ses contemporains, friands d’histoires d’adolescent·e·s et d’interrogations pédagogiques. Deux noms me guideront dans la lecture de Ruth, pour laquelle je suivrai deux angles d’approches : biographique et intertextuel. La lecture biographique se fera à partir du pasteur néerlandais Hendrik Gillot (1836-1916). La critique saloméenne le connaît très bien comme celui chez qui la jeune Lou Salomé a pris des cours privés et qui, dans Ruth, a servi de modèle au personnage du pédagogue. Mon apport consistera à prendre davantage en compte la présence néerlandaise au sein de ce narratif que ce qui a été proposé jusqu’ici. Cela me permettra de mettre en évidence la profonde ambivalence du personnage ainsi que celle de son modèle. « Peinzensmoede » (1860) de Peter de Génestet (1829-1861) trouve une entrée dans Ruth, sous la forme d’une traduction libre que Lou Andreas-Salomé fait lire à l’un de ses personnages. L’interrogation de cette référence explicite invite à d’autres mises en dialogue, ici celle de l’essai Over kinderpoëzy (1857), avec lequel le poète défend une image rousseauiste de l’enfance contre l’utilitarisme d’un Hiëronymus van Alphen (1746-1803). Là encore, la loupe néerlandaise permet d’introduire de nouvelles perspectives et de contribuer à sortir résolument le roman de Ruth du kitch dans lequel il a pu être enfermé. With this contribution, I propose to continue the investigation into the place of Dutch in the life and work of Lou Andreas-Salomé (1861-1937) that I began with an interest in the surprising silence surrounding the novel In den strijd om God. The author herself translated it from German into Dutch and published it in 1886 with the Amsterdam publisher Van Kampen & Zoon. The focus here is on Ruth, a novel that was a great success during the author’s lifetime. Lou Andreas-Salomé’s novel was undoubtedly to the taste of her contemporaries, who were fond of stories about teenagers and pedagogical questions. Two names will guide my reading of Ruth, which I will approach from two angles: biographical and intertextual. The biographical reading will be based on the Dutch pastor Hendrik Gillot (1836-1916). He is well known to Salomé critics as the man with whom the young Lou Salomé took private lessons and who, in Ruth, served as a model for the character of the pedagogue. My contribution will consist of taking greater account of the Dutch presence within this narrative than has been proposed to date. This will enable me to highlight the profound ambivalence of both the character and his model. Peter de Génestet’s “Peinzensmoede” (1860) finds an entry in Ruth, in the form of a free translation that Lou Andreas-Salomé has one of her characters read. Questioning this explicit reference leads to other dialogues, in this case with the essay Over kinderpoëzy (1857), in which the poet defends a Rousseauist image of childhood against the utilitarianism of Hiëronymus van Alphen (1746-1803). Here again, the Dutch lens makes it possible to introduce new perspectives and contribute to resolutely extricating Ruth’s novel from the kitsch in which it may have been confined. mer., 24 sept. 2025 09:37:16 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=382 L’État entre retrait et retour https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=394 Selon Hans Daalder, politicologue néerlandais spécialisé dans le domaine de la bureaucratie, l’appareil bureaucratique néerlandais est d’une telle particularité qu’il ne rentre dans aucun modèle international. (2011 : 378) Constatant que le « paradigme dominant » du système bureaucratique reconnu en Europe se compose d’éléments relevant à la fois des systèmes français et prussien qui, ensemble, ont influencé ce que Pierre Bourdieu (1993) appelle la « genèse de l’état », Daalder propose que la bureaucratie néerlandaise se distingue justement par une absence de traditions et procédures qui sont les marqueurs d’un régime centralisé tel que le connaissait, et le connaît toujours aujourd’hui, la France. Cet article cherche à tracer ces absences au travers de la littérature néerlandaise du début du xxie siècle. Partant d’une vue globale de la production littéraire qui se situe entre dystopie et « réalisme du bureau » – notion introduite par le critique littéraire Kees ’t Hart (2017) – il sera démontré comment la crise sanitaire liée au Covid-19 peut être analysée comme fracture discursive et épistémologique annonçant la possibilité du retour de l’état dans la littérature néerlandaise d’après-Covid – développement qui, à son tour, peut être considéré comme l’annonce d’un retour de l’état dans l’imaginaire collectif. According to Hans Daalder, a Dutch political scientist specializing in bureaucracy, the Dutch bureaucratic apparatus is so unique that it does not fit into any international model. (2011: 378) Noting that the “dominant paradigm” of the bureaucratic system recognized in Europe consists of elements from both the French and Prussian systems, which together have influenced what Pierre Bourdieu (1993) calls the “genesis of the state”, Daalder proposes that Dutch bureaucracy is distinguished precisely by an absence of traditions and procedures that are the hallmarks of a centralized regime such as France knew, and still knows, today. This article seeks to trace these absences through Dutch literature of the early 21st century. Starting from a global view of literary production that lies between dystopia and “office realism”—a notion introduced by literary critic Kees ‘t Hart (2017)—it will be shown how the health crisis linked to Covid-19 can be analyzed as a discursive and epistemological fracture heralding the possibility of the return of the state in post-Covid Dutch literature—a development that, in turn, can be seen as heralding a return of the state in the collective imagination. mer., 24 sept. 2025 09:38:00 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=394 Les études nordiques doivent changer si elles veulent rester ce qu’elles sont https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=409 La situation des études scandinaves est fragile. Trop peu d’étudiants en master, trop peu de doctorants – répondons-nous encore aujourd’hui aux questions qui nous sont posées ? Les études scandinaves sont certes un enfant de la germanistique du xixe siècle, mais en tant que discipline, elles sont aujourd’hui encore marquées de manière décisive par leur développement structurel en tant qu’études littéraires dans les années 1970 et 1980. Les enseignants et les étudiants cherchaient alors dans la littérature et au-delà à comprendre les cultures et les sociétés scandinaves, en particulier l’État-providence social-démocrate, et à faire l’expérience de la nature intacte. Mais aujourd’hui, l’imprimé n’est plus le média de référence, la Scandinavie sociale-démocrate n’existe plus et la nature, qui a façonné l’image du Nord, est également menacée au plus haut point. Quelles questions, méthodes et approches devraient donc structurer notre recherche et notre enseignement aujourd’hui ? À partir d’un court récit de voyage scandinave, fait en 2022, cet essai cherche des réponses optimistes, notamment dans les humanités numériques et la formation d’une conscience historique, même si de nombreuses questions restent ouvertes. The situation of Scandinavian studies is fragile. Too few Master’s students, too few doctoral students—are we still answering the questions we’re being asked today? Scandinavian Studies may be a child of nineteenth-century German Studies, but as a discipline it is still decisively shaped by its structural development as a literary study in the 1970s and 1980s. Teachers and students then sought in literature and beyond to understand Scandinavian cultures and societies, particularly the social-democratic welfare state, and to experience unspoiled nature. But today, print is no longer the medium of reference, social-democratic Scandinavia no longer exists, and nature, which has shaped the image of the North, is also under the greatest threat. So what questions, methods and approaches should structure our research and courses today? Based on a short account of a Scandinavian journey made in 2022, this essay seeks optimistic answers, notably in the digital humanities and the formation of a historical consciousness, even if many questions remain open. mer., 24 sept. 2025 09:38:56 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=409 Présentation https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=245 lun., 22 sept. 2025 16:22:22 +0200 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=245