océan Arctique https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=167 Entrées d’index fr 0 Of Whales and Men https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=164 The title-poem of Caitríona O’Reilly’s second collection—The Sea Cabinet—is a sequence of five ekphrastic pieces paying tribute to the city of Hull’s past as a major whaling port. As she perambulates through the galleries of the Maritime Museum, the Irish woman poet is inspired by all the paraphernalia on display: skeletons of various species of whales, whaler’s tools but also journals, logbooks, paintings, illustrations and hundreds of examples of the folk art and mythemes of the whaler. From one poem to the next, O’Reilly depicts the Northernness of the Arctic Ocean as eery but bewitching otherness, focusing on illustrations of Captain Gravill’s whaling ship ice-trapped in Greenlandic waters, on an aquatic curio and nineteenth century headcasts of Eskimos, not to mention evocations of the mythical narwhal or “sea unicorn”, the white beluga and the sperm whale. Explicit allusions to Melville’s Moby Dick, Hugh MacDiarmid and the Islamic tradition according to which the earth is carried on a whale’s back introduce side literary paradigms, expanding and complexifying O’Reilly’s vivid tableau of Northern waters and their conquest. This paper proposes to examine how O’Reilly balances the wonders and dangers of the Arctic, its ambivalence and that of its conquerors in her poetic polyptych. It thus aims to explore her interest in icy wilderness harbouring extraordinary marine biodiversity; civilization and progress navigating through territories at the edge of, or beyond, culture; adventure and heroism vitiated by covetousness and forgery; conquest fascinated by, but ultimately suppressing, alterity. Le poème-titre du deuxième recueil de Caitríona O’Reilly – The Sea Cabinet – consiste en une série de cinq poèmes ekphrastiques rendant hommage aux grandes heures de l’activité baleinière de Hull. En parcourant les galeries du musée maritime de la ville, la poétesse irlandaise est inspirée par l’éclectisme des objets exposés : squelettes de diverses espèces de baleines, outils de baleiniers, mais aussi journaux, carnets de bord, peintures, illustrations et créations liées à l’art populaire et aux mythes des baleiniers. D’un poème à l’autre, O’Reilly dépeint le Grand Nord, ses étendues glacées, la rudesse du climat et souligne la fascination mêlée de crainte qu’il suscite ; elle revient sur l’histoire du navire du capitaine Gravill pris dans les glaces des eaux groenlandaises ; elle s’intéresse à une sirène de pacotille et à des enregistrements d’Esquimaux du xixe siècle, sans oublier les diverses évocations du béluga blanc, du cachalot et bien sûr du mythique narval, étrange « licorne des mers ». Les allusions explicites à Moby Dick de Melville, à Hugh MacDiarmid et à la tradition islamique selon laquelle la terre est portée sur le dos d’une baleine enrichissent et complexifient le tableau vivant qu’O’Reilly brosse de l’océan Arctique, du pôle et leur conquête. Cet article se propose d’étudier la manière dont la poétesse irlandaise navigue entre les merveilles et les dangers de l’Arctique, dont elle décrit l’ambivalence et celle de ses conquérants. Il analyse son attirance pour les immenses étendues glacées et leur extraordinaire biodiversité marine ; il scrute également le regard qu’elle porte sur tous les marins héroïques, représentants du progrès et de la civilisation, qui se sont aventurés aux confins septentrionaux de la planète mus par un irrésistible désir de découverte mais aussi par l’appât du gain, par leur soif de différence et de réalités indigènes mais s’efforçant fondamentalement de les éliminer. ven., 19 sept. 2025 17:05:43 +0200 mer., 03 déc. 2025 15:36:38 +0100 https://www.ouvroir.fr/deshima/index.php?id=164